LUTHIER

Accordez-moi une place à votre table

D’harmonie, jouons aux châteaux de sable :

Ces œuvres qui durent le temps d’une marée

N’ont, ainsi que les sons, nul port où s’amarrer.

 

L’arbre plongé dans le ciel, abreuvé de Terre

Va donner sa chaire, condensé de lumière

Aux mains de l’artisan. Par la gouge et la scie,

Par son antique science, il pourchasse la discorde.

 

De l’idée au papier, de la main à la corde

La musique se cherche un corps où prendre vie

Pour parler d’homme à homme à nos âmes d’ébène.

 

L’onde tournoie au long des éclisses galbées,

Puis imbue de ces formes, module telle une sirène

L’ineffable discours à nos oreilles bées.

 

HMB

Strasbourg

1997

Version 2